histoire

Ludger Duvernay
par Jean-Baptiste Roy-Audy, 1832

Histoire du patrimoine

Les débuts de la fête nationale sont connus. Le 24 juin 1834, l’imprimeur Ludger Duvernay réunit une soixantaine de convives autour d’un banquet. Au cours de la soirée, une quarantaine de santés sont lancés, la plupart associés aux idéaux du parti patriote. Les invités décident de refaire l’activité l’année suivante. « Cette fête, dont le but est de cimenter l’union entre les Canadiens, ne sera point sans fruit. Elle sera célébrée annuellement comme Fête Nationale, et ne pourra manquer de produire les plus heureux résultats[1] ».

L’idée du banquet se répand dans les villages, surtout les lieux abritant des patriotes associés aux rébellions. À Montréal, le banquet est tenu u de 1835 à 1837. Menacé d’emprisonnement, Ludger s’exile aux É.-U. le 16 novembre 1837. De Burlington où il réside, il organise un banquet en 1839 et 1840. Et, peut-être… Continuer la lecture

Histoire du patrimoine : les pionniers 

A.C. de Léry MacDonald, vers 1920. Archives régionales de Vaudreuil-Soulanges.

A.C. de Léry MacDonald, vers 1920.
Archives régionales de Vaudreuil-Soulanges

Entre 1887 et 1897, Archibald Chaussegros de Léry MacDonald fait un passage remarqué à la Société d’archéologie et de numismatique de Montréal avec des engagements qui lui donnent une visibilité publique exceptionnelle parmi les Canadiens français[1].

Exposition de portraits historique, 1887

En décembre 1886, Chaussegros de Léry MacDonald est l’un des rares Canadiens français à adhérer à la Société d’archéologie. Dès son adhésion, il participe aux débats et s’implique dans l’organisation de nombreuses activités motivantes. Ses intérêts pour l’histoire des familles anciennes et la généalogie l’amènent à proposer une exposition de portraits historiques à l‘occasion du 25e anniversaire de la société.

Cette dernière accepte le projet et il est nommé secrétaire du comité qui souhaite exposer au moins 100 portraits. Il s’agit d’un poste des plus exigeants, car il doit… Continuer la lecture

Histoire du patrimoine : les pionniers

Benjamin Sulte en 1889

Benjamin Sulte en 1889

La discipline de l’ethnologie – le folklore au XIXe siècle – s’intéresse à l’ordinaire[1]. Les ethnologues répertorient les faits et gestes du quotidien – humour, cuisine, musique, parler et expressions, vêtements… À long terme, ces éléments définissent la culture et l’identité d’un groupe.

L’ethnologie, qui révèle le patrimoine ethnologique matériel ou immatériel, développe ses méthodes scientifiques depuis le XIXe siècle, d’abord en Europe, puis aux États-Unis. La discipline du folklore est enseignée à l’université américaine dès le tournant du siècle selon deux orientations. Les tenants de la méthode anthropologique s’intéressent avant tout aux traditions orales; ils rencontrent des informateurs et recueillent leur savoir. La méthode des littérateurs repose sur la recherche en bibliothèque. Leurs recherches sur l’ensemble des pratiques traditionnelles se font par l’étude de manuscrits et de documents archivés.

Au Canada français, l’intérêt pour… Continuer la lecture

Histoire du patrimoine : les pionniers

Si le concept de patrimoine va de soi pour la majorité des Québécois, c’est parce que des gens ont jadis perçu son importance et élaboré des outils pour le faire connaitre parmi les publics. Au tournant du XXe siècle, Honoré Beaugrand est l’un de ces devanciers.

Honoré Beaugrand

 

Honoré Beaugrand, vers 1885 (détail) Photo: Bibliothèque et archives nationales du Québec

Honoré Beaugrand, vers 1885 (détail)
Photo: Bibliothèque et archives nationales du Québec

Né en 1848, Honoré Beaugrand s’enrôle à 17 ans dans l’armée française et participe à l’expédition du Mexique. Il suit les soldats jusqu’en France où, pendant deux ans, il visite les grandes villes, leurs bibliothèques et leurs musées. Après un séjour aux États-Unis, il revient à Montréal et fonde le journal La Patrie en 1879. Six ans plus tard, il est élu maire de Montréal. De santé fragile, il séjourne souvent dans des contrées tempérées. Beaugrand décède à Montréal en 1906.… Continuer la lecture

Histoire du patrimoine : diffusion

La croix de chemin est présentée comme un objet social et non religieux

La croix de chemin est proposée comme objet social pouvant s’ancrer dans la sphère patrimoniale.

En  1925, le défilé de la Saint-Jean-Baptiste à Montréal est le théâtre d’une exposition originale en proposant des biens culturels comme sujets de char allégorique. Un discours sur des biens choisis est ainsi produit. Puis, il est reçu et commenté par les médias. Bref retour sur ce moment fondateur de l’histoire du patrimoine.

La dynamique patrimoniale

Le défilé présente des facettes de la culture canadienne-française. La scénographie s’articule en une série de tableaux qui défilent l’un derrière l’autre dans les rues, selon une lecture et un parcours obligé. Le choix de biens culturels, comme sujets de chars, confirme qu’ils sont suffisamment importants parmi la population pour être reconnus, même de manière symbolique. L’événement entend produire un impact social en redonnant au groupe le sentiment de son existence et de… Continuer la lecture