Patrimoine immatériel

Au Québec, il existe une trentaine de Cadies ou Petites Cadies, c’est-à-dire une localité où des Acadiens se sont établis, ou même, sont simplement passés. Selon plusieurs sources, un Québécois sur sept – plus d’un million, serait d’origine acadienne. Au sens large, un Acadien du Québec se définit comme un francophone ayant un accent ou des affinités acadiennes, par naissance ou par alliance. Quelle place occupe le patrimoine acadien au Québec?

Origine de la fête nationale acadienne

Fête nationale de l'Acadie en 1909, Shédiac (N.-B.)  (Par Dupont)

Fête nationale de l’Acadie en 1909, Shédiac (N.-B.)
(Par Dupont)

En 1881, lors d’une convention à Memramcook au Nouveau-Brunswick, les élites discutent d’une date qui serait dédiée à la fête nationale des Acadiens. Certains veulent que la journée coïncide avec le 24 juin, déjà célébrée parmi les Canadiens français. Pour d’autres, le 15 aout, jour de l’Assomption, reflète mieux leurs aspirations. Selon les tenants du 24 juin, la fête conjointe renforcerait les liens d’amitié entre les deux groupes. Ils craignent également, puisque la mi-aout tombe pendant les récoltes, qu’il soit difficile d’obtenir une journée chômée.

Ceux qui sont favorables au 15 aout souhaitent une fête distincte pour chaque groupe d’autant plus que les liens d’amitié sont solides. Selon eux, le défi de la journée chômée est le même puisque le 24 juin arrive pendant les semences. Le jour de l’Assomption sera finalement adopté en grande partie parce que les Acadiens veulent un lien avec la France prérévolutionnaire lorsqu’au XVIIe siècle elle était dédiée à la Vierge Marie.

La Mi-Carême

Les colonisateurs acadiens amènent avec eux la fête de la Mi-Carême. Issue du Moyen-âge, l’activité a lieu au milieu du carême en mars. Les gens se déguisent et passent de maison en maison où l’on tente de les identifier. C’est un moment ludique, un congé pendant une longue période de jeûne et de pénitence. Aujourd’hui, le village de Fatima aux Îles de la Madeleine a su préserver cette coutume. Il en est de même à Natashquan où des Acadiens des Îles ont essaimé.

La fête nationale acadienne au Québec

Pas moins de huit Petites Cadies québécoises célèbrent la fierté acadienne. Le groupe le plus ancien, fondé en 1993, se trouve dans la région de Québec. Viennent ensuite l’Acadie en Montérégie, depuis 2002, et la Nouvelle-Acadie (Saint-Liguori, Saint-Jacques-de-Montcalm, Sainte-Marie-Salomé et Saint-Alexis) dans Lanaudière, dès 2003. À compter de 2009, cinq autres localités dans les régions de la Gaspésie, de la Mauricie et du Bas-Saint-Laurent soulignent la journée.

Les principaux motifs évoqués pour les célébrations sont l’attachement aux origines acadiennes, l’hommage aux pionniers, la présence acadienne dans le lieu, promouvoir la culture acadienne ancienne et contemporaine et susciter un intérêt pour l’histoire des Acadiens. Dans certains endroits, seuls les résidents participent aux festivités. Ailleurs, des visiteurs se joignent au groupe. À Caraquet, au Nouveau-Brunswick, la popularité de la fête constitue un enjeu économique important.

Tintamarre au Saguenay en 2012 (Photo : Mariane St-Gelais)

Tintamarre au Saguenay en 2012
(Photo : Mariane St-Gelais)

Le Tintamarre

Les organisateurs québécois proposent tous un Tintamarre, une activité solidement associée au peuple acadien. Pourtant, il s’agit d’une tradition créée en 1979 à Caraquet pour souligner la Dispersion des Acadiens à la fin des années 1750. Tout d’abord, les participants se déguisent, habituellement aux couleurs de leur drapeau. Ils se rassemblent ensuite munis de chaudrons, de bâtons et d’autres instruments à percussion pour défiler bruyamment sur la rue principale.

Découvrir le patrimoine acadien

L’initiation au patrimoine acadien figure parmi les activités fortes des fêtes québécoises. Parmi celles-ci : danses folkloriques, veillées de contes acadiens, souper cajun, lecture ou films d’histoire acadienne, musique traditionnelle, rallye dans le cimetière et visite guidée à des lieux marqués par des Acadiens. Les participants redécouvrent leurs origines et identifient les traces existantes dans leur quotidien.

À la recherche du patrimoine acadien

Aujourd’hui, les recherches sur le patrimoine de l’Acadie, délimitée par les territoires francophones dans les provinces maritimes, sont diversifiées et nombreuses. Au Québec, la région de Lanaudière est l’une des plus dynamiques notamment grâce au Centre du patrimoine vivant de Lanaudière dont l’une des thématiques de recherche est la présence acadienne dans la région. Les localités de la Nouvelle-Acadie abritent l’organisme Les Petits Pas Jacadiens qui se donne la mission de valoriser, de transmettre, de promouvoir et de diffuser la danse traditionnelle québécoise et acadienne. Des collectes de contes, de légendes et d’anecdotes ont été effectuées dans ces municipalités de même qu’une recherche sur les chansons populaires de la région aux archives de folklore de l’Université Laval. Une étude importante sur les surnoms, une pratique typique, a aussi été publiée. Les Lanaudois et les Lanaudoises d’origine acadienne sont régulièrement invités à des conférences d’initiation au patrimoine de leurs ancêtres.

Aux Arseneau, Babin, Bergeron, Blanchard, Boucher, Bourgeois, Breau, Comeau, Cyr, Doucet, Dugas, Dupuis, Forest, Gallant, Girouard, Godin, Hébert, Landry, Lanoue, Lapierre, Leblanc, Martin, Morin, Pellerin, Poirier, Raymond, Roy, Trahan et Vignau… du Québec, bonne fête nationale le 15 aout.

3 réponses à Le 15 aout : patrimoine et racines acadiennes

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