Pavillon Jacques-Duquette à Sainte-Agathe-des-monts. Photo : L'information du Nord, 2013

Pavillon Jacques-Duquette
Sainte-Agathe-des-monts
Photo : L’information du Nord, 2013

À Sainte-Agathe-des-Monts, le Centre de santé et de services sociaux des Sommets (CSSS) est aux prises avec des problèmes d’imperméabilité au Pavillon Jacques-Duquette, un ancien sanatorium centenaire. Des sommes importantes sont nécessaires pour corriger un problème de contamination. Cependant, le CSSS est déjà victime d’une situation financière fragile où la priorité demeure les soins de santé. Comment peut-on concilier les valeurs patrimoniales d’un monument à sa vocation utilitaire?

Le Laurentian Chest Hospital

En 1908, un groupe d’Anglophones fondent une société afin d’offrir un lieu de guérison pour les patients atteints de tuberculose, de donner de l’information sur cette maladie et de recueillir des dons du public. Un local temporaire avec huit lits est d’abord offert. Puis, à la suite d’un don important, des locaux permanents sont érigés en 1911. Le vaste terrain abritant le sanatorium surplombe le village de Sainte-Agathe. En 1915, le bâtiment est cédé au gouvernement fédéral pour soigner les soldats et les victimes du gaz moutarde de la Première Guerre mondiale. Les lieux sont remis au gouvernement provincial en 1924.

Le pavillon est un bâtiment de style élisabéthain (néo-Tudor) qui se démarque par la qualité et la rareté de son architecture : il est unique parmi le corpus des bâtiments hospitaliers du Québec. Il s’agit du dernier témoin existant de l’histoire des sanatoriums de Sainte-Agathe. De fait, sept centres de convalescence y furent construits à compter de 1911. Cinq sont démolis dans les années 1950 et un autre en 2005. La concentration de sanatorium dans la région s’explique par la réputation de la haute qualité de l’air, le seul remède connu à cette époque pour soigner la tuberculose.

Mobilisation pour sa sauvegarde

Le comité du patrimoine de Sainte-Agathe existe depuis 1987. Il regroupe des bénévoles interpellés par la conservation et l’histoire du patrimoine de la région. Face à la situation du pavillon, le comité fait de nombreuses démarches de sensibilisation auprès de ministres et de députés des différents paliers de gouvernement ainsi qu’aux représentants du milieu de la santé. Le comité a obtenu les plans du pavillon et a fait une demande de subvention au programme du Pacte rural de la MRC locale. Il a pu ainsi faire évaluer les couts de rénovation par des experts. Le groupe tente aussi d’amener Héritage Canada à inscrire le pavillon sur sa liste des dix sites canadiens les plus menacés.

Pour sa part, le CSSS collabore pleinement avec le Comité du patrimoine et fait montre de transparence sur la situation et sur ses démarches.

Un propriétaire engagé envers le patrimoine

Le CSSS est sensible à la valeur patrimoniale et historique des lieux. À l’occasion du centenaire du pavillon, l’organisme a inauguré une salle d’exposition située à l’entrée principale du complexe hospitalier. Il a de plus offert une édition spéciale de son journal interne où est relatée l’histoire du sanatorium et du complexe hospitalier. Ces activités se sont faites en collaboration avec le CSSS, le comité du patrimoine de Sainte-Agathe, la municipalité et des bienfaiteurs.

Une situation désespérante

La décision de rénover, de démolir ou de reconstruire revient au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Si rien n’est fait d’ici cinq ans, des dommages irréparables s’ensuivront et provoqueront la démolition du bâtiment. Les travaux sont de l’ordre de 20 millions de dollars et constituent une ponction financière importante dans les ressources immobilières de l’ensemble de la région des Laurentides. Il serait tentant pour les propriétaires de reconstruire à neuf.

Sanatorium de Sainte-Agathe (entre 1908 et 1915).  Carte postale. Photo : BAnQ

Sanatorium de Sainte-Agathe (entre 1908 et 1915).
Carte postale. Photo : BAnQ

Une implication exemplaire

Le cas du pavillon Jacques-Duquette met au jour une collaboration modèle des acteurs sur le terrain. Ainsi, plutôt que de confronter les propriétaires du pavillon et de revendiquer la sauvegarde du monument, les bénévoles du comité du patrimoine se sont approprié la portion « patrimoniale » du projet en multipliant les représentations auprès de diverses instances et en commandant une évaluation experte des couts. De leur côté, les gestionnaires locaux se font transparents et informent le comité du portrait réel de la situation et des possibilités. Tous ces acteurs, dont les intérêts divergent, ont su trouver une vision commune en vue de sauvegarder un monument patrimonial à la fois important pour la région et pour l’histoire des soins de la santé au Québec.

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