MISE À JOUR

14 novembre 2013. L’église a été désignée édifice patrimonial par les élus, le 13 novembre dernier. Elle sera donc préservée en vertu de la Loi ontarienne sur le patrimoine.

Petite incursion chez les Francophones hors Québec.

Église Saint-Charles-Borromée à Vanier. Photo : Simon Séguin Bertrand (Cyberpresse.ca (Le Droit, 5 janvier 2012)

Église Saint-Charles-Borromée à Vanier.
Photo : Simon Séguin Bertrand
(Cyberpresse.ca, Le Droit, 5 janvier 2012)

À Vanier, une ancienne localité intégrée à la Ville Ottawa, les résidents tentent d’empêcher la vente de l’église Saint-Charles-Borromée à cause de son importance liée à l’histoire des Franco-ontariens. Est-ce qu’un monument dont la principale valeur patrimoniale est immatérielle devrait profiter d’une protection légale?

La situation

En 2010, l’archidiocèse d’Ottawa réorganise le territoire religieux. L’évêché fusionne huit paroisses francophones en les regroupant sous une nouvelle appellation. On prévoit démolir l’église et reconstruire un édifice plus modeste sur les lieux. Une partie du terrain serait vendu à des promoteurs.

Historique du bâtiment

Construit en 1908 dans un style éclectique typique de son époque, le bâtiment est situé sur la rue principale de Vanier, à la confluence de quatre agglomérations avoisinantes. À partir de 1969, dans la foulée du Concile du Vatican II, l’église subit de nombreuses transformations tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Valeurs patrimoniales

Il existe une perception consensuelle voulant que sa valeur patrimoniale matérielle soit faible, voire inexistante, à cause de changements survenus au cours des années. Cependant, les modifications respectent l’esprit de simplicité voulu par le Vatican II. La décoration intérieure est sobre, élégante et dépouillée. Elle est représentative du renouveau religieux des années 1960.

Pour ce qui est des valeurs patrimoniales intangibles, l’église est exemplaire des débuts du patrimoine religieux franco-ontarien. Son clocher est le point de repère de Vanier depuis plus d’un siècle – l’incitatif pour les paroissiens à s’y rassembler pour prier. Elle est le lieu de fondation de la société secrète de l’Ordre de Jacques-Cartier qui a formé une élite militante tant dans la fonction publique que dans l’entreprise privée. De fait, pendant près de quarante ans, cette société a travaillé en catimini pour influencer les politiques publiques et promouvoir les intérêts des Canadiens français catholiques.

Les enjeux

L’archidiocèse veut démolir le bâtiment et s’oppose à sa protection. Leurs arguments reposent sur l’ancienneté de la structure et sur les couts élevés d’entretien et de rénovations. La paroisse a besoin d’un édifice répondant à ses nouveaux besoins.

De nombreux acteurs issus des milieux culturels et patrimoniaux, et des citoyens s’opposent à sa démolition. On exige que le bâtiment soit désigné selon la loi ontarienne sur le patrimoine. Cependant, la désignation protège l’enveloppe du bâtiment, mais pas son usage. Ainsi, même protégée, l’église pourrait devenir une épicerie ou un lieu privé.

Un milieu dynamique

À la suite d’un silence de plus d’un an de l’Archidiocèse, une association communautaire de Vanier a organisé deux séances publiques en invitant les résidents du secteur à partager leur vision. Ainsi, des groupes communautaires, des hommes d’Église, des experts en patrimoine et des porte-paroles de la communauté franco-ontarienne ont plaidé en faveur de la protection du bâtiment.

Dans l’ensemble, on souhaite pouvoir commémorer la présence des Franco-ontariens notamment en conservant une partie du bâtiment original : le clocher. Ce projet de mise en valeur pourrait se réaliser dans un lieu à multiples services. Proactifs, les organisateurs ont mandaté des experts afin de dessiner des croquis relatifs aux propositions exprimées lors des séances. Ces concepts seront présentés aux dirigeants de l’Église catholique de la région.

Intérieur de l'église Photo : Mike Steinhauer Vaniernow.ca (21 juillet 2012)

Intérieur de l’église
Photo : Mike Steinhauer, Vaniernow.ca (21 juillet 2012)

Le premier jalon d’une protection

Une demande de désignation patrimoniale a été présentée à la Ville d’Ottawa par les groupes communautaires. Le sous-comité du patrimoine bâti de la Ville a adopté la motion et confirmé que l’édifice répond aux critères de subvention. La demande doit ensuite être transmise et entérinée par le comité d’urbanisme et le conseil municipal. C’est donc une histoire à suivre d’ici le 30 octobre.

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