Site patrimonial du Monastère de l'Hotel-Dieu. MCC, Pierre Lahoud, 2004

Site patrimonial du Monastère de l’Hôtel-Dieu. MCC, Pierre Lahoud, 2004

À Québec, les Augustines témoignent d’une préparation exceptionnelle de l’héritage qu’elles veulent laisser à la population d’aujourd’hui et de demain. Au-delà du don, elles ont mis en place une fiducie dont la mission est d’assurer la pérennité de leur mémoire et de leur patrimoine. L’avenir du patrimoine passe-t-il par la création de sociétés fiduciaires?

Les Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec

Les Augustines arrivent en Nouvelle-France en 1639 et ouvrent au cours des années douze monastères et hôpitaux au Québec. À leur zénith, en 1953, la communauté compte 230 religieuses. La Révolution tranquille et le concile de Vatican II, pendant les années 1960, changent la donne. Les sœurs cloitrées, œuvrant auprès des malades et des pauvres, s’ouvrent au monde extérieur. Aujourd’hui, il reste 28 membres dont douze vivent en permanence à l’infirmerie de l’Hôpital général de Québec.

Une réflexion de longue haleine

À la fin des années 1980, la communauté est confrontée à un déclin rapide de ses membres. Cela l’amène à réfléchir sur son avenir et ses avoirs. Pour les sœurs, le lieu doit rester public et axé sur leur mission séculaire. Centrées sur l’esprit de dévouement qui les anime depuis des siècles, les religieuses se penchent sur un projet et une structure tenant compte de leurs légataires.

Création d’une société fiduciaire

Pour réaliser sa vision, l’Ordre des Augustines regroupe le patrimoine accumulé de ses douze communautés au monastère de l’Hôtel-Dieu de Québec. La congrégation crée ensuite une fiducie à vocation sociale à laquelle elle cède ses avoirs – un legs évalué à près de 100 millions de dollars.

La Fiducie du patrimoine culturel des Augustines a pour mission d’assurer la sauvegarde et la mise en valeur de son patrimoine et de sa mémoire. Les biens patrimoniaux sont constitués de bâtiments, de mobiliers, de collections d’objets médicaux, ethnologiques et religieux de même que des archives et des livres anciens. La société gère l’ensemble des actions reliées à ses objectifs, dont la restauration du monastère de l’Hôtel-Dieu.

Le Monastère des Augustines

Le site patrimonial du Monastère-des-Augustines-de-l’Hôtel-Dieu-de-Québec est composé de bâtiments en pierre, de structures et d’aménagements paysagers datant du Régime français, du XIXe siècle et du XXe siècle.

Une cellule de religieuse convertie. Source : Augustines.

Une cellule de religieuse convertie. Source : Augustines.

Le projet regroupe un ensemble d’activités dans un même lieu – le Monastère des Augustines – et souligne la présence et l’œuvre de la communauté associée la culture et à la santé depuis 1639. Dans sa globalité, la santé réfère aux dimensions physique, psychologique, sociale et spirituelle de l’être humain. Pour se faire, 64 anciennes cellules de religieuses seront converties en autant de chambres.

Un musée fort de 40 000 objets médicaux, ethnologiques, religieux et d’art et un centre d’archives présenteront l’histoire de la santé depuis la Nouvelle-France et par le récit des sœurs et du patrimoine des monastères-hôpitaux.

Les religieuses continueront de loger dans une partie autonome et privée du site. L’édifice logera également le Centre Catherine de Saint-Augustin qui est un lieu de dévotion, de recueillement, de commémoration, de pèlerinage et un dépôt pour lettres d’intentions de prières géré.

Dans le sillage de la mission sociale et hospitalière des Augustines, des initiatives seront aussi développées pour soutenir les personnes qui soignent notamment les proches aidants et les professionnels de la santé et des services sociaux.

L’ouverture du Monastère est prévue au printemps 2015. Ce haut lieu du patrimoine québécois et canadien témoignera d’un héritage patrimonial et mémoriel de plus de 370 ans d’engagement des Augustines. Il met aussi en lumière la détermination des religieuses à garder vivante la mémoire de leur présence au Québec.

Salle de pédiatrie à l'Hôtel-Dieu.  Source : Augustines

Salle de pédiatrie à l’Hôtel-Dieu.
Source : Augustines

Le cas de la Fiducie du patrimoine culturel des Augustines montre que la création de fiduciaire serait une solution avantageuse tant pour les donateurs que les légataires. Toutefois, plus de vingt ans ont été nécessaires entre l’idée et sa concrétisation. Une communauté qui voudrait mettre un tel projet sur pied pourrait manquer de temps pour son implantation. Le cas suscite aussi quelques questions : la création d’une société fiduciaire vouée à la gestion et à la mise en valeur de biens patrimoniaux doit-elle être balisée? Comment cela peut-il s’appliquer à d’autres patrimoines tels que l’ensemble des églises sur un territoire ou des institutions muséales après la disparation d’une congrégation? Lorsqu’une communauté possède un patrimoine important, mais pas les moyens de l’entretenir et de le mettre en valeur, doit-on imposer la fondation d’une fiducie pour assurer leur pérennité? Ce sont là des questions qu’il importe de se poser dès maintenant.

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