Défilé de Noël, 1945 Photo : Conrad Poirier Bibliothèque et Archives nationales du Québec cote : P48,S1,P1637

Défilé de Noël, 1945
Photo : Conrad Poirier
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
cote : P48,S1,P1637

Depuis 1925, le défilé du père Noël rassemble petits et grands autour d’un rituel présentant des caractéristiques immuables, mais s’adaptant aux aléas des époques. Devrait-on désigner cette parade parmi le patrimoine intangible des Québécois?

Histoire du défilé

Dès 1905, les magasins Eaton présentent un défilé du père Noël dans les villes de Toronto et de Winnipeg. L’année suivante, les journaux de Québec soulignent la présence d’une foule nombreuse venue accueillir Santa Claus à la gare. Le premier défilé montréalais a lieu en 1925 et connait aussi un grand succès. L’activité est reprise les années suivantes. Les organisateurs à Toronto remarquent que c’est au Canada français que la foule est des plus enthousiasme et que le défilé connait le plus grand succès. Au cours des années 1950, la télévision anglaise et française diffuse le défilé. Cependant, des alertes à la bombe lancées par le FLQ, en 1969, incitent les organisateurs à cesser l’événement. En 1995, des gens d’affaires initient le retour du défilé au centre-ville de Montréal. La population et la télévision sont au rendez-vous.

Une pratique qui évolue

À l’origine, de rarissimes magasins exposent dans leurs vitrines un père Noël vivant. Pour le premier défilé, le vieil homme circule seul dans les rues. Au fil des années, des chars allégoriques sont introduits, puis des participants dont des enfants costumés.

Les thèmes frappent l’imaginaire des jeunes : pôle Nord, usine à jouets. Des lutins, la fée des étoiles et d’autres figures mythiques s’ajoutent au cortège. Selon les époques, des personnages aimés des enfants : Passe-Partout, Annie Brocoli et d’autres participent au défilé.

Aujourd’hui, la grande majorité des centres d’achats proposent un village féérique où trône un père Noël accompagné d’un lutin ou de la fée des étoiles. Les enfants peuvent caresser des animaux, se promener en train ou rencontrer le père Noël. Novembre marque la période des défilés qui ont lieu dans la majorité des villes québécoises.

Une organisation s’adaptant aux changements

Les premiers défilés visent à obtenir le maximum de visibilité pour les magasins Eaton. À cette époque, le trajet comprend le boulevard Saint-Joseph, l’avenue du Parc et l’avenue des Pins. Le défilé se termine devant le magasin Eaton, rue Sainte-Catherine Ouest. Le père Noël accueille les enfants à la « ville des jouets » jusqu’au dernier jour ouvrable avant Noël.

Au cours des années 1950, les magasins Dupuis et Frères organisent leur propre défilé pour les Francophones de l’est de Montréal. Le père Noël aménage dans la « Cité des jouets » où les enfants peuvent converser avec lui, se promener en train ou rencontrer la fée des étoiles.

Aujourd’hui, après le défilé, le père Noël se dirige vers le Complexe Desjardins et habite le Blanc royaume.

Un patrimoine intangible?

Le défilé du père Noël a une fonction essentiellement commerciale. Par ailleurs, selon la nouvelle loi du patrimoine québécois, le patrimoine immatériel est constitué d’éléments pouvant se transmettre d’une personne à l’autre.

Rencontre inoubliable avec le père Noël.

Ainsi, au niveau des pratiques, et au vu de sa constance, le défilé en est à sa 63e édition, on peut supposer que des parents qui amènent leurs enfants furent eux-mêmes amenés par les leurs, même leurs grands-parents. Pour de nombreux participants, le défilé marque un passage important dans leur vie – ils rencontrent le personnage mythique pour la première fois. De plus, il s’agit d’une manifestation festive à laquelle participe un grand nombre de gens et qui marque le début de la saison des fêtes. Enfin, le défilé s’est adapté à son environnement selon les époques. Il n’est pas figé dans le temps, il est vivant.

Fort de ces caractéristiques propres au patrimoine immatériel, le défilé du père Noël peut-il être désigné? Selon la nouvelle loi, les experts, peuvent identifier ce qui constitue du patrimoine intangible. Cependant, cette reconnaissance doit se faire de concert avec la communauté qui doit elle aussi reconnaitre la pratique comme étant patrimoniale. Pour l’instant, le défilé n’est pas perçu dans cette optique.

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