À Montréal, dans le quartier Griffintown, la Tour d’aiguillage Wellington, un bâtiment aux formes originales issu du patrimoine industriel, serait sur le point de renaitre avec une nouvelle vocation. Quels sont les ingrédients menant à la sélection d’un bâtiment à conserver lors d’une revitalisation?

La Tour d’aiguillage Wellington

Tour d'aiguillage Wellington Photo : Jacques Nadeau, Le Devoir, 21 octobre 2013

Tour d’aiguillage Wellington
Photo : Jacques Nadeau, Le Devoir, 2013

La Tour Wellington est construite en 1943 pour coordonner le trafic ferroviaire et maritime qui passe dans le secteur. Pendant 57 ans, les contrôleurs effectuent jusqu’à 800 manœuvres d’aiguillage de trains par jour auxquels s’ajoutent les dizaines de bateaux qui transitent par le canal Lachine.

Il s’agit d’un bunker de deux étages typique du boom industriel de la Deuxième Guerre mondiale. Les architectes offrent alors des structures fonctionnelles, solides et efficaces. Le centre est actif jusqu’au début des années 2000. Puis, il est laissé à l’abandon. Aujourd’hui, la Ville de Montréal est propriétaire des lieux.

Sa valeur historique repose, entre autres, sur sa localisation le long du canal Lachine; un centre industriel dès le milieu du XIXe siècle. La Tour est érigée à un point de convergence des réseaux maritimes, ferroviaires et terrestres de Montréal. Sa participation à l’harmonisation de ces différents modes de transport soutient la position de Montréal en tant que métropole financière du Canada. Sa valeur technologique est également importante. De fait, les revues spécialisées reconnaissent sa conception innovatrice qui fait l’objet de nombreuses mentions dans leurs pages.

Une surveillance à distance

À la réouverture du canal Lachine en 2002, la Tour est intégrée au  Lieu historique national du Canada du Canal-de-Lachine. Le gestionnaire du lieu, Parcs Canada, prévoit alors une mise en valeur du site avec un centre d’interprétation. En fin de compte, le projet n’a pas abouti.

En 2006, les équipements industriels de la Tour sont cédés au Musée ferroviaire canadien de Saint-Constant. L’année suivante, Héritage Montréal, qui œuvre à promouvoir le patrimoine du Grand Montréal, suggère de prendre les moyens de protéger l’intégrité des lieux. L’ancien propriétaire, le Canadien National, souligne à ce moment-là qu’il n’a pas l’intention de démolir l’édifice. Cela est d’autant plus vrai que le bâtiment sert de mur de soutènement à la voie ferrée.

Un quartier en manque de valorisation

Le quartier Griffintown, dont l’entrée est marquée par la Tour, s’annonce comme un échec d’urbanisme avec ses nombreux condos d’une ou deux chambres destinées aux retraités ou aux couples sans enfants. Le quartier est hostile aux jeunes familles alors que les promoteurs n’ont pas prévu d’écoles, de terrains de jeu ni de logements adaptés pour les enfants.

Requalification du bâtiment

Cette année, la Ville de Montréal lance un appel d’idées menant à une requalification du bâtiment.  Réservée aux organismes culturels, la Ville leur demande de soumettre des idées d’occupation et d’aménagement de la Tour. Elle souhaite aussi que la proposition comprenne l’aménagement d’une terrasse extérieure, l’exploitation d’un café et l’animation des lieux. L’ouverture de la place est prévue pour 2016 ou l’année suivante dans le cadre du 375e anniversaire de la Ville.

Photo : Laurent Boursier, 10 juillet 2008 (site : Photo Documentaire)

Photo : Laurent Boursier, 10 juillet 2008
(site : Photo Documentaire)

 

Dans l’ensemble, les différentes démarches des acteurs avant l’appel d’idées révèlent que le sort de l’édifice laisse la population locale indifférente. Il en est de même pour les autorités municipales. Le bâtiment n’est pas démantelé au motif qu’il soutient la voie ferrée. La sauvegarde de la Tour est somme toute fortuite. De fait, sa protection s’est concrétisée pour atténuer un problème d’aménagement.

Une réponse à La Tour Wellington à Griffintown :

préservée grâce aux aléas d’un quartier

  • Sandrah dit :

    Bonjour,
    Un an après la parution de votre article, force est de constater que si des immeubles continuent de pousser en hauteur, des projets propices à fonder une famille ont déjà vu le jour également: plusieurs garderies, aménagement du parc Ste Anne, aménagement du Horse Palace, promenade sur le bord du Canal… Une grande pharmacie va ouvrir sous peu, un nouveau parc public est en cours de construction, etc. Une très bonne nouvelle pour les couples de jeunes professionnels, qui comme nous, comptent bien fonder une famille dans un appartement à 2 chambres, finalement pas plus exigu que les logements mal aménagés en espace du Plateau par exemple. À 10 min. à pied du centre ville comme du Vieux Montréal, Griffintown est vraiment une superbe localisation et il est très agréable de voir un quartier prendre vie de la sorte.

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