MISE À JOUR (25 avril 2016) : C’est terminé pour la maison Robinson. Sa démolition est en cours.

MISE À JOUR (18 mars 2016) : Dans une décision récente, la Commission municipale du Québec donne raison à Cowansville dans le dossier de la Maison Robinson. C’était prévisible, les opposants comptent se rendre en cours supérieure avec d’autres motifs.

Gables et pinacles d’inspiration victorienne.
Esquisse : Journal Le Guide, novembre 2015

À Cowansville, un promoteur veut construire 150 logements dans un secteur jugé d’importance patrimoniale. Le conseil municipal approuve; un groupe de citoyens s’y oppose. L’analyse du discours révèle les pistes d’une radicalisation.

La maison Robinson

Construit en 1900, le bâtiment est situé sur la rue Principale dans le secteur de Sweetsburg, l’un des deux noyaux fondateurs de Cowansville. Ce secteur patrimonial est décentré du noyau d’origine. La plupart des bâtiments sont érigés près de la rue au contraire de la maison Robinson qui est située à l’arrière du terrain, près des berges du lac Davignon. L’entrée est ornée d’une pinière qui se fond dans le couvert végétal de la rue.

Le projet

Le projet comprend un édifice de quatre étages avec un stationnement souterrain de 80 espaces et vingt autres à l’extérieur. 200 à 250 personnes pourraient densifier les lieux. Une terrasse ainsi qu’un accès aux berges complètent le tout. La clientèle visée est constituée d’aîné-es autonomes.

Le point de vue des opposants

Une cinquantaine de personnes – le comité Robinson, s’opposent au projet. La plupart des membres résident dans le voisinage des futurs logements. Selon le groupe, le cachet patrimonial du secteur, la qualité de vie du voisinage et l’eau du lac pourraient être affectés. À son avis, il est impossible de construire un édifice de quatre étages dans un environnement où les bâtiments sont surtout à deux niveaux. De plus, il n’est pas clair que des consultations publiques ont été tenues pour discuter des changements proposés. Enfin, on doute de la possibilité d’intégrer des influences victoriennes dans un bâtiment aussi imposant.

Le point de vue des élus

Pour les élus, le projet est inspirant, car il générera des revenus annuels d’environ 250 000 $ et créera une quarantaine d’emplois. La Ville amende ses règlements pour permettre de bâtir un édifice au-delà de la limite qui était fixée à trois étages. Pour se défendre, elle se réfère à la procédure. Ainsi, le conseil municipal affirme que le nouveau règlement de zonage doit être approuvé par les instances. Ensuite, des registres sont ouverts pour recueillir les signatures de citoyens exigeant un référendum. Au moins 500 signataires doivent se manifester. Le projet initial peut donc être refusé ou amendé. De plus, le promoteur doit respecter tous les règlements en vigueur en lien avec la préservation du caractère patrimonial du secteur.

Plutôt exemplaire dans la manière d’utiliser les outils de mobilisation disponibles, un commentaire hostile défait ce bon travail lorsqu’un représentant du conseil suggère à mot couvert qu’il vaut mieux accepter le projet puisque le zonage actuel permet de construire sept bâtiments faisant ainsi disparaitre les espaces verts.

Vue aérienne du projet. esquisse : Journal Le guide, novembre 2015

Vue aérienne du projet.
Esquisse : Journal Le guide, novembre 2015

Le point de vue du promoteur

Selon le promoteur, le choix du terrain repose entre autres sur la proximité de l’hôpital et le vaste terrain permettant que le bâtiment occupe 25 % du site. Toutefois, selon la maquette, en ajoutant l’espace de stationnement extérieur et les lieux de passage, environ 65% du terrain serait occupé.

En terme d’intégration visuelle, il confirme vouloir respecter le caractère esthétique du secteur, qu’une  bande riveraine protectrice de 15 mètres sera conservée de même que la pinière en bordure de la rue et sur les marges du terrain. À nouveau, ce projet exemplaire sur papier est entaché d’une phrase désolante où le promoteur affirme que le terrain lui appartient et qu’il n’a pas à plaire à tous.

Des appuis sans surprise

La ville reçoit l’appui de la Chambre de Commerce de Cowansville et Région. Les opposants sont soutenus par la Fédération Histoire Québec et Action patrimoine. Et, le maire appuie le promoteur! Visiblement rédigé par une firme de relations publiques, il réitère ses arguments en s’appuyant sur les aînés – devenus les bâtisseurs de la localité, et en dénigrant les opposants.

Un autre outil de contestation

Le comité Robinson interpelle la Commission municipale du Québec. Selon le groupe, des éléments du nouveau plan d’urbanisme vont à l’encontre des règlements de la Ville. La Commission, qui est un tribunal administratif, a accepté d’entendre les arguments. Une décision est attendue en mars.

Le respect des instances

Selon l’information disponible, les projets de règlement ne sont pas encore adoptés par la MRC. Le comité a donc choisi d’accaparer le tribunal administratif avant même que toutes les étapes soient franchies. Le recours aux tribunaux est certes un outil citoyen pour défendre des droits. Ici aussi, un commentaire négatif du groupe montre que le patrimoine n’est pas vraiment au cœur des enjeux puisque le comité évoque l’idée de porter l’affaire devant la cour Supérieure s’il perd à la Commission municipale.

Dans les municipalités, des balises sont en place pour favoriser une meilleure participation citoyenne. On souhaite ainsi que les gens se mobilisent sur des enjeux tels que le patrimoine. Cependant, il arrive que ces balises soient appropriées à d’autres fins. Ainsi, le cas de la maison Robinson, qui est loin d’être unique, révèle qu’au fond le groupe n’est pas contre le projet, mais il n’en veut pas dans sa cour.

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