Le curé Antoine Labelle Photo : J.E. Livernois BANQ|P560,S2,D1,P569

Le curé Antoine Labelle vers 1890
Photo : J.E. Livernois
BANQ|P560,S2,D1,P569

Récemment, le MCC a désigné personnage historique le curé Antoine Labelle bien connu pour avoir développé les Laurentides. Si l’année 2016, qui marque le 150e anniversaire de son décès se présente comme une opportunité, dans les faits, il y a un travail exemplaire en amont qui mène naturellement à cette nomination patrimoniale. Retour sur un cas exemplaire.

Le curé Labelle

Fils de cordonnier, François-Xavier-Antoine nait le 24 novembre 1833 à Sainte-Rose de Laval. Il fait ses études classiques au petit séminaire de Sainte-Thérèse, puis en théologie avant d’être ordonné prêtre en 1856. Il effectue ensuite son vicariat au Sault au récollet, puis dans Lanaudière. Suivant un engagement en Montérégie, il est nommé curé de Saint-Jérôme en 1868 et y demeure jusqu’à son décès à Québec le 4 janvier 1891. Il repose à Saint-Jérôme.

Surnommé le roi du nord, Antoine Labelle est animé d’une vision solide de l’avenir et d’une énergie sans borne. Il ouvre des routes tout en militant pour la construction d’un chemin de fer. Pour amasser des fonds, il crée la loterie nationale de colonisation – une première au Québec. Il tente en vain de fonder un diocèse dans les Laurentides.  En 1888, il devient le premier sous-ministre en soutane de l’histoire canadienne-française avec une nomination à l’Agriculture.

À l’occasion d’un hiver très rigoureux, il organise une corvée afin de fournir 60 cordes de bois à des familles pauvres de la métropole. À la tête d’une caravane de 80 traîneaux, le curé Labelle livra ce produit hivernal de première nécessité.

À l’hiver en 1890, il est épuisé. En repos, il visite parents et amis, puis démissionne de son poste de sous-ministre. Le 3 janvier 1891, il est hospitalisé d’urgence et meurt le lendemain à 57 ans. Plus de 10 000 personnes auraient défilé à Saint-Jérôme lors de ses funérailles.

Commémoration

L’importance du curé Labelle est reconnue immédiatement et par la suite. Le lendemain de son décès, le conseil municipal de Saint-Jérôme décide de porter le deuil pendant un mois, de payer une partie de ses funérailles et de changer le nom de la rue Saint-Jérôme (route 117) pour celui de Curé-Labelle. En 1924, une statue imposante par le réputé sculpteur Alfred Laliberté est dévoilée à Saint-Jérôme. Claude-Henri Grignon introduit le personnage dans son téléroman Les belles histoires des pays d’en haut diffusé à Radio-Canada de 1956 à 1970. Postes Canada émet un timbre à son effigie pour souligner le 150e anniversaire de sa naissance en 1983. À l’occasion du 100e anniversaire de son décès en 1991, les cloches de toutes les paroisses du diocèse de Saint-Jérôme sonnent pour lui rendre hommage. Pendant l’année, plusieurs activités commémoratives sont tenues à maints endroits. En 2001, le musée du Curé-Labelle est inauguré à la cathédrale de Saint-Jérôme.

En 2014, le conseil municipal reconnaissait le curé Labelle comme personne historique. Selon eux, ce dernier est l’une des figures historiques préférées des Québécois. Il incarne la force physique, la résilience et l’esprit de résistance des pionniers qui ont bâti le Québec.

Un canton, une circonscription électorale, une municipalité et une route portent son nom. Des études scientifiques et des panneaux d’interprétation lui sont consacrés.

Une année événementielle

En 2016, à l’occasion du 125e anniversaire de son décès, la MRC d’Antoine-Labelle veut mettre en valeur la contribution du célèbre curé au développement de la région et rappeler son importance historique. Selon les organisateurs, le projet qui s’étale sur une année favorisera un sentiment d’appartenance au territoire, soulèvera une fierté régionale et contribuera à son rayonnement. Pour y arriver, la MRC entend mobiliser et établir des liens entre les acteurs culturels. L’ensemble des commémorations servira de tremplin à la diffusion du patrimoine culturel, artistique et historique de l’ensemble de la région.

Désignation au registre du patrimoine culturel

En janvier dernier, le coup d’envoi des festivités est lancé avec l’entrée du curé Labelle au panthéon des « personnages historiques » du Québec. Selon la loi sur le patrimoine, les personnages historiques qui peuvent être désignés sont ceux « dont la connaissance, la sauvegarde, la transmission ou la mise en valeur présente un intérêt public ». La personne aura joué un rôle reconnu comme significatif dans l’histoire du Québec ou dans un domaine de cette histoire.

Timbre commémoratif, 1983 150e anniversaire de naissance du curé

Timbre commémoratif, 1983
150e anniversaire de naissance du curé

Arrimer patrimoine, commémoration, appartenance et identité

Le projet de mise en valeur du curé Labelle – le personnage et sa contribution – est exemplaire d’une bonne gestion du patrimoine. Tout d’abord, les activités s’adressent en premier lieu aux résidents de la région. On veut susciter chez eux une meilleure compréhension de leur histoire et de leur patrimoine, en somme développer leur sentiment d’appartenance. Le territoire, les lieux symboliques, les paysages deviennent ainsi des référents qui contribuent à renforcer leur identité. Les gens s’approprient leur patrimoine, l’aiment, le protègent et en parlent. Tant les élus que les résidents de la MRC prennent en main la gouvernance de leurs biens collectifs.

En misant sur les atouts de la région, les Laurentiens et les Laurentiennes marchent dans les pas de leur curé fondateur.

4 réponses à La désignation patrimoniale du curé Labelle :

un cas exemplaire

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