L’automne 2012 signale la fin des activités minières à Thetford Mines. La ville se retrouve ainsi affligée d’une industrie honnie, l’amiante, dont les traces subsistent à quelques pas de son centre-ville. Que faire avec un patrimoine stigmatisé dont la richesse est indéniable?

 Mise en situation

Mine d'amiante / Diane Joly

La Presse Canadienne.
Photo : Jacques Boissinot

À Thetford Mines, des études ont mis au jour l’absence de produits suffisamment importants pour mériter un détour vers la région. Ce manque est une faiblesse majeure au niveau touristique à une époque où les courts séjours et les escapades jouissent d’une forte popularité. Pourtant, les installations minières en place, et leur association avec la ville, constituent une niche novatrice à exploiter.

Le site

Originalement connu sous l’appellation KB-3,  la mine King figure parmi les premières exploitations d’amiante au Canada, dès 1878.  Le gisement est à l’origine de plusieurs innovations durables dans l’extraction de l’amiante et le premier à réaliser une opération souterraine. La mine cesse ses activités en 1986.

Le projet

La Société Asbestos Limitée (SAL) et le Musée minéralogique et minier de Thetford Mines (MMM) conviennent de mettre en valeur le site de l’ancienne mine King. En aout 2012, la SAL signe un bail emphytéotique d’une durée de 50 ans alors qu’elle cède les lieux gratuitement. En échange, le MMM s’engage à rénover le site et à y tenir des activités d’animation soulignant le patrimoine minier de la région.

Mise en valeur

Chevalement / Diane Joly

Le Chevalement supporte les molettes d’extraction de la mine (lapresse.ca, 7 avril 2013)

Il s’agit de rendre compte du caractère particulier de la région et à mettre en place un parc minier unique comprenant des bâtiments reliés à l’exploitation dont le chevalement typique, les bâtiments de la forge et celui des treuils datant de la fin des années 1930.

La rénovation des édifices permet de conserver des éléments significatifs de l’exploitation de l’amiante depuis 130 ans. De fait, le projet vise à témoigner des milliers de travailleurs miniers de la région et à favoriser une image positive du travail dans une mine. Dans l’ensemble, il ne met aucunement en valeur l’amiante.

Une collaboration exemplaire

L’Office de Tourisme de la MRC des Appalaches a donné au MMM un véhicule conçu pour circuler dans les sites miniers. Dès maintenant, le musée ajoute à son service éducatif un  nouveau circuit de deux heures incluant, entre autres, une cueillette de minéraux et des arrêts à des endroits stratégiques sur le site de la mine King.

Et une opposition

Ce projet est défendu avec vigueur par le maire de la municipalité et il est appuyé par une majorité au conseil municipal. Toutefois, deux conseillers s’y opposent. Le premier parce qu’il lui semble trop dispendieux tandis que le deuxième estime que le nombre de visiteurs annuels, avancé par des études, est irréaliste.

Sur le terrain, des opposants ont lancé une pétition exigeant un référendum. Ils ont recueilli 721 signatures représentant 2,8% de la population (25 709 personnes selon le recensement canadien de 2011).  Le conseil conteste la pertinence de la démarche en raison de l’avancement du projet et parce que les protestataires ne se sont pas manifestés lors de trois séances publiques tenues pour présenter le projet.

Un milieu qui se prend en main

Suite à des subventions provenant de divers paliers de gouvernement, il reste une différence de 1,3 million $ à combler. Un comité provenant du milieu des affaires a été mis sur pieds. Outre les institutions, dont certaines ont déjà assuré une subvention importante, les gens d’affaires, les industriels et les commerçants seront sollicités sur une base volontaire tout comme la population.

Un patrimoine de résilience

En psychologie, le terme résilience réfère à l’aptitude à affronter un stress intense et à s’y adapter. Au Québec, l’industrie de l’amiante est devenue obsolète. Elle demeure néanmoins un pan important du patrimoine québécois et une partie intégrante de la ville de Thetford Mines. La résilience s’incarne dans la démarche active de la ville qui comprend qu’elle doit passer à autre chose.

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