enjeux

Photo 4Enjeux sur le terrain

Un article récent dans Le Devoir présente un constat plutôt sombre de la situation du patrimoine au Québec tout en occultant un enjeu des plus importants : la participation citoyenne qui amène des gens à se mobiliser pour sa pérennité[1].

Bref historique

Dans la sphère du patrimoine, la mobilisation citoyenne apparait au XIXe siècle lorsque Lord Dufferin convainc les autorités de préserver les fortifications et le cachet anciens de la ville de Québec en 1875. À Montréal, des notables mobilisent les journaux pour contester l’expropriation de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours en 1882. Dix ans plus tard, la Société d’archéologie et de numismatique pose des plaques d’information sur des bâtiments du Vieux-Montréal. Ces gestes et d’autres amènent le gouvernement du Québec à adopter une loi inaugurale sur le patrimoine et à créer la Commission des monuments historiques en 1922.

Les enjeux du patrimoine

Le… Continuer la lecture

Bibliothèque Saint-Sulpice, rue Saint-Denis, Montréal Photo : Jean Gagnon, 2008 (Wikimédia Commons)

Bibliothèque Saint-Sulpice, rue Saint-Denis
Photo: Jean Gagnon, 2008 (Wikimédia Commons) 

Patrimoine historique 

Récemment, le ministère Culture et Communications (MCC) mettait discrètement en vente l’ancienne Bibliothèque Saint-Sulpice à Montréal. Toutefois, l’opposition manifestée dans les journaux annule le projet et amène les élus municipaux et provinciaux à créer un énième comité d’experts devant réfléchir sur l’avenir du bâtiment. Regard sur ce bien protégé certes, mais mal aimé.

Histoire de la bibliothèque

Les Sulpiciens créent en 1844 L’œuvre des bons livres. Forte de son succès, la direction aménage des cabinets de travail, pour les recherches érudites, puis une salle de nouvelles. La congrégation fonde ensuite le Cabinet de lecture paroissial de Montréal et offre des cours publics dans le domaine de la culture dès 1857. Le Cabinet est remplacé en 1885 par le Cercle Ville-Marie où de jeunes membres pratiquent l’art oratoire, les conférences publiques et les spectacles culturels (musique, théâtre…).… Continuer la lecture

Quatrième monastère, 1917-2009, façade Photo : Abbaye Val Notre-Dame

Quatrième monastère, 1917-2009, façade
Photo : Abbaye Val Notre-Dame

Patrimoine religieux

En 2003, les moines cisterciens-trappistes d’Oka mettent en vente leur abbaye. Au bout de trois années, ils décident de céder leur bien à un regroupement d’organismes (la corporation). Le plan d’affaires est idéal. On prévoit implanter des entreprises-écoles, créer un centre d’interprétation, assurer la conservation patrimoniale des lieux, accueillir des événements artistiques et héberger des retraités spirituels selon la tradition séculaire trappistes. Séduits, les moines réduisent le prix de vente et prêtent sans intérêt une partie importante de l’hypothèque.

Les moines cisterciens-trappistes

Contemplative, la spiritualité trappiste est au service de la recherche de Dieu. Leurs adhérents valorisent aussi le travail manuel, le silence et le retrait du monde. Leurs monastères se situent souvent en des lieux écartés, près de la nature. Ils n’ont pas d’activités apostoliques.

Au Québec, avant le Concile Vatican II, la discipline du silence est très… Continuer la lecture

La forêt boréale Photo : Garth Lenz Initiale boréale canadienne

La forêt boréale
Photo : Garth Lenz
Initiale boréale canadienne (http://www.borealcanada.ca)

Patrimoine végétal

En 2013, le Manitoba s’associe avec des groupes autochtones pour tenter d’inscrire la région de Pimachiowin Aki, une zone de 334 000 kilomètres carrés dans la forêt boréale, au patrimoine mondial de l’UNESCO. Bien que leur tentative ait échoué, le groupe tentera à nouveau le défi en 2015. Ce projet confirme la valeur patrimoniale de la forêt boréale canadienne. Comment se porte ce patrimoine naturel au Québec?

La forêt boréale au Canada

La forêt boréale est une vaste étendue verte qui s’étend de Terre-Neuve-et-Labrador au Yukon. Au total, 708 000 kilomètres carrés de forêt boréale sont maintenant protégés par le gouvernement auxquels s’ajoutent 460 000 kilomètres carrés exploitées selon des méthodes durables. Le territoire protégé représente environ 12% de sa superficie.

La forêt boréale au Québec

La forêt boréale québécoise est une aire de 1,2 million de… Continuer la lecture

Côte des Éboulements

Côte des Éboulements
Photo : Transport Québec

Patrimoine paysager

En 1997, un terrible accident d’autocar sur la côte des Éboulements dans Charlevoix provoque le décès de 44 personnes. Dans les jours qui ont suivi, les élus locaux exigent du premier ministre un réaménagement sécuritaire de la côte. Des groupes réclament immédiatement un tracé qui tient compte du paysage, des citoyens et leurs biens.

Consultation bâclée

Le nouveau tracé est présenté au printemps 1998. Des consultations se tiennent pendant trois jours. Les citoyens examinent les plans du ministère et posent des questions aux ingénieurs. Cependant, les points de vue et les oppositions ne sont pas entendus. De plus, aucun procès-verbal des séances ou document d’information n’est produit à la suite des rencontres.

Le projet est appuyé par les résidents locaux répartis dans quatre municipalités, les usagers de la côte et la majorité des élus. Le principal argument consensuel repose sur la… Continuer la lecture