MISE À JOUR 2 : Enfin, un projet rassembleur pour l’église Notre-Dame.

MISE À JOUR 1 : Voilà un récent plaidoyer en faveur de l’église. L’article paru dans La Voix de l’Est donne une description intéressante dans sa valeur esthétique.

Source : Archives, GranbyExpress.com

Source : Archives, GranbyExpress.com

Patrimoine religieux

En 2012, la ville de Granby achète, avec un dollar, l’église Notre-Dame. L’acquisition se fait sans plan concret si ce n’est le vague projet d’y aménager la bibliothèque publique. Quelles peuvent être les conséquences de l’achat d’un bien patrimonial sans le souci d’assurer sa conversion?

L’église Notre-Dame à Granby

Construite entre 1898 et 1906, l’église Notre-Dame est le plus vieux temple de Granby. Guido Nicheri, maitre-verrier et peintre-décorateur conçoit les 24 vitraux et l’ensemble des fresques murales. L’orgue Casavant, en place depuis 1917, possède aussi une valeur patrimoniale importante. Érigés sur le tracé fondateur de la municipalité, l’église et son clocher constituent un point de repère incontournable. Le bâtiment ne jouit d’aucune protection légale.

Des défis prévisibles au départ

Au moment de la vente, la Fabrique et le Diocèse sont transparents : bilan financier déficitaire, couts de rénovation et d’entretien prohibitifs, baisse de revenu constante. Devenue locataire, la Fabrique ne paie pas de loyer et conserve les gains de la quête. La Ville s’occupe de l’entretien, de la collecte des loyers d’organismes et planifie des rénovations à moyen terme. Selon les élus, la Ville protège une partie importante du patrimoine local. Toutefois, les défis sont grands.

Le culte cesse en juin 2013 et le conseil des élus se modifie à la suite des élections municipales tenues à l’automne.

Un patrimoine en danger

Le nouveau maire veut que le comité municipal de la culture s’occupe du dossier rapidement. Le journal local participe aux débats et met de l’avant une vision utilitaire qui n’est pas axée sur le patrimoine : « l’édifice doit servir à quelque chose d’autant plus que la ville est propriétaire. Ça ne peut pas demeurer un monument vide acquis juste pour préserver l’église mère de Granby. La Ville n’est pas obligée de sauver et garder toutes les églises qui se vident ».

Une bibliothèque municipale

À l’acquisition, le maire caressait le projet d’y aménager la bibliothèque municipale. Le patrimoine serait ainsi préservé, l’accessibilité et le caractère rassembleur du lieu seraient maintenus. Toutefois, le nouveau maire annonce que les couts du projet augmentent de sept à vingt millions de dollars. Le conseil abandonne l’idée.

Un institut technologique

Le cégep de Granby faisait partie des enjeux électoraux du maire. Il juge possible de transformer l’église en institut de génie mécanique. Des citoyens, qui réagissent dans les journaux, s’inquiètent de l’avenir des éléments patrimoniaux de l’église. En fin de compte, le directeur du cégep juge le projet trop onéreux tout en se disant prêt à profiter de l’environnement autour de l’église tel que le stationnement et le presbytère.

Le statu quo et le projet d’une salle de concert

Des citoyens et des membres du comité de la culture prônent l’aménagement d’une salle de concert, de spectacles et d’événements communautaires. Le lieu pourrait accueillir des salons, des expositions, des rassemblements de citoyens. La proposition a l’avantage de conserver intact le caractère patrimonial de l’édifice et l’ouverture au public. L’acoustique est exceptionnelle et la ville a besoin d’une nouvelle salle de spectacle.

D’autres suggèrent le statu quo dont la poursuite des bingos organisés par les Chevaliers de Colomb qui remet tous les profits à des groupes d’aide. Enfin, comme plusieurs organismes y louent des locaux, l’église demeure un lieu public.

Vitrail de Mgr Aldée Desmarais, évèque auxiliaire (1931-1939 Source : Samuel Freli, 2012

Vitrail, Mgr Aldée Desmarais, évèque auxiliaire (1931-1939)
Source : Samuel Freli, 2012

Quelques voix s’élèvent

Les élus et les intervenants sensibles aux projets de l’église sont profondément divisés. De plus, les propos tenus par certains, et même les projets envisagés, sont perçus comme manquant de probité. Des gens réclament un référendum sur les choix proposés et d’autres suggèrent de faire appel à des consultants indépendants afin de prendre le temps nécessaire pour rendre la bonne décision.

Cependant, dans l’ensemble, la population est assez indifférente : pas de mobilisation citoyenne, ni de position venant d’une société du patrimoine ou d’histoire; à peine quelques lettres ouvertes dans les journaux.

Le patrimoine en vaut-il le coup?

Le cas de l’église Notre-Dame à Granby génère quelques questions. Un temple dont la sauvegarde patrimoniale suscite peu d’intérêt parmi la population et les décideurs doit-il être conservé à tout prix? Lorsque le bâtiment est vendu pour une somme dérisoire, la Fabrique devrait-elle être compensée si le patrimoine est sacrifié à d’autres fins? Lors de la vente d’une église, payée et entretenue par la communauté, devrait-on prioriser un type de requalification ou exiger des balises telles que l’accès au public?

Au moment de la vente, la bonne volonté était manifeste de part et d’autre. Toutefois, les aléas de la vie et des changements de gouvernance ont modifié profondément les objectifs originaux. Avant de clore la vente, un projet de mise en valeur, en bonne et due forme, aurait sans doute mieux protégé ce bâtiment patrimonial.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>