En 2012, le gouvernement fédéral a annoncé la fin des activités muséologiques et éducatives à la Biosphère, musée de l’environnement. Depuis un an, la décision, décriée par plusieurs intervenants, a suscité des débats et amené des points de vue diversifiés. Doit-on insister pour conserver intacte la vocation des lieux?

Inasia Jones (Trekearth.com)

Inasia Jones (Trekearth.com)

Le dôme

Le dôme a été conçu par l’architecte Richard Buckminster Fuller. En 1967, à l’Exposition universelle, il représente le pavillon des États-Unis et devient le lieu le plus couru de l’été. La structure marque un moment fondateur dans l’histoire de l’architecture contemporaine. Il s’agit du dôme géodésique le plus imposant au monde. L’édifice représente 75% de la sphère. Il s’agit d’une icône architecturale mondialement connue et associée à Montréal. Selon le répertoire du patrimoine culturel québécois, le bâtiment a été cité en 2007. Il est situé dans un site patrimonial.

L’institution muséale

Le dôme appartient à la Ville de Montréal. En 1990, dans le cadre de son plan d’aménagement du Parc des îles, la municipalité décide de mettre l’accent sur la primauté de l’eau dans l’environnement. Le gouvernement fédéral devient locataire de l’édifice et y aménage un centre d’interprétation sur l’eau. Depuis 2007, la Biosphère est un musée de l’environnement. Elle héberge aussi la Maison solaire écologique et elle offre aux écoles, entre autres, un programme de conférences et de vidéoconférences. Le public à donc accès au bâtiment patrimonial.

Un nouveau projet

Pour le gouvernement fédéral, la diffusion et l’éducation sont des priorités secondaires. Il veut revoir le mandat du musée afin de mieux regrouper ses ressources. Il compte transformer le dôme en édifice administratif en y déménageant le Centre météorologique canadien. La partie muséale de la Biosphère serait diminuée d’autant même que cela empêcherait l’accès au public.

Les points de vue

En premier, la majorité des intervenants exigent que le lieu patrimonial reste accessible au public. D’autres préconisent le statu quo, c’est-à-dire que le musée conserve sa mission et ses moyens originaux. Il y a aussi des groupes qui suggèrent de dynamiser l’offre muséale ou de trouver une nouvelle vocation au bâtiment.

Dans l’ensemble, la mobilisation est faible. Une cinquantaine de personnes ont protesté à l’entrée du musée suivant l’annonce de sa fermeture en 2012. Une pétition de 635 noms a été déposée à l’Hôtel de ville et une page Facebook, créée à l’occasion, peine à recruter autant d’adeptes. Une soixantaine d’intervenants des milieux scientifiques, éducatifs et muséaux ont signé récemment une courte lettre de protestation dans les journaux. En somme, le mouvement s’essouffle avant d’avoir vraiment pris forme.

Nouvelle vocation

Les coupures fédérales suscitent aussi de la colère ailleurs. À Québec, le ministère veut déménager des vestiges archéologiques à Gatineau. Cependant, la population se mobilise et tente de trouver une solution. Le gouvernement est ouvert à l’idée de conserver les artéfacts à Québec. En Mauricie, le parc Forges du St-Maurice se retrouve cet été sans guide animateur et un personnel réduit. Là aussi, les gens se rassemblent. La mobilisation a obtenu un prolongement de la saison et les croisiéristes qui s’arrêtent à Trois-Rivières pourront visiter les lieux accompagnés d’un guide.

Peter (Beauty-Places.com)

Peter (Beauty-Places.com)

À Montréal, les intervenants ont insisté sur l’importance de maintenir l’accessibilité du bâtiment au public et, dans une moindre mesure, de préserver la vocation éducative de la Biosphère. Par ailleurs, ils n’ont pas proposé de solutions ni d’alternatives.

Le gouvernement semble vouloir adoucir sa position. Dans les faits, il répond plutôt à ses obligations de locataire – il doit maintenir l’accessibilité au public. Il garde aussi le plein contrôle de la situation. Ainsi, selon Environnement Canada, l’apparition de phénomènes météorologiques de plus en plus violents appelle à un nouvel espace de diffusion. Cet intérêt, proche de la mission du Service météorologique, peut s’inscrire dans une autre vocation pour la Biosphère. Toutefois, cela se ferait sans guides ni muséologues.

Quelques éléments de réflexion

Le cas illustré par la Biosphère met en lumière qu’au-delà de la dénonciation, il vaut mieux amener des solutions concrètes pour faire bouger les choses. La base doit d’abord se mobiliser. Il soulève aussi quelques questions. La Ville de Montréal doit-elle insister pour que soit maintenue intégralement la vocation muséale et éducative de l’endroit et l’accès au public? Dans la négative, doit-elle refuser de renouveler le bail à son échéance? Et, de façon générale, lorsque des artéfacts ou des lieux d’histoire menacés sont intrinsèquement liés à une localité, la municipalité doit-elle prendre en main la poursuite du projet?

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