Diane Joly

Photo 4Un article récent dans Le Devoir présente un constat plutôt sombre de la situation du patrimoine au Québec tout en occultant un enjeu des plus importants : la participation citoyenne qui amène des gens à se mobiliser pour sa pérennité[1].

Bref historique

Dans la sphère du patrimoine, la mobilisation citoyenne apparait au XIXe siècle lorsque Lord Dufferin convainc les autorités de préserver les fortifications et le cachet anciens de la ville de Québec en 1875. À Montréal, des notables mobilisent les journaux pour contester l’expropriation de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours en 1882. Dix ans plus tard, la Société d’archéologie et de numismatique pose des plaques d’information sur des bâtiments du Vieux-Montréal. Ces gestes et d’autres amènent le gouvernement du Québec à adopter une loi inaugurale sur le patrimoine et à créer la Commission des monuments historiques en 1922.

Les enjeux du patrimoine

Le principal, même l’unique enjeu… Continuer la lecture

Brève histoire du patrimoine : les pionniers 
A.C. de Léry MacDonald, vers 1920. Archives régionales de Vaudreuil-Soulanges.

A.C. de Léry MacDonald, vers 1920.
Archives régionales de Vaudreuil-Soulanges

Entre 1887 et 1897, Archibald Chaussegros de Léry MacDonald fait un passage remarqué à la Société d’archéologie et de numismatique de Montréal avec des engagements qui lui donnent une visibilité publique exceptionnelle parmi les Canadiens français[1].

Exposition de portraits historique, 1887

En décembre 1886, Chaussegros de Léry MacDonald est l’un des rares Canadiens français à adhérer à la Société d’archéologie. Dès son adhésion, il participe aux débats et s’implique dans l’organisation de nombreuses activités motivantes. Ses intérêts pour l’histoire des familles anciennes et la généalogie l’amènent à proposer une exposition de portraits historiques à l‘occasion du 25e anniversaire de la société.

Cette dernière accepte le projet et il est nommé secrétaire du comité qui souhaite exposer au moins 100 portraits. Il s’agit d’un poste des plus exigeants, car il… Continuer la lecture

Brève histoire du patrimoine : les pionniers

Benjamin Sulte en 1889

Benjamin Sulte en 1889

La discipline de l’ethnologie – le folklore au XIXe siècle – s’intéresse à l’ordinaire[1]. Les ethnologues répertorient les faits et gestes du quotidien – humour, cuisine, musique, parler et expressions, vêtements… À long terme, ces éléments définissent la culture et l’identité d’un groupe.

L’ethnologie, qui révèle le patrimoine ethnologique matériel ou immatériel, développe ses méthodes scientifiques depuis le XIXe siècle, d’abord en Europe, puis aux États-Unis. La discipline du folklore est enseignée à l’université américaine dès le tournant du siècle selon deux orientations. Les tenants de la méthode anthropologique s’intéressent avant tout aux traditions orales; ils rencontrent des informateurs et recueillent leur savoir. La méthode des littérateurs repose sur la recherche en bibliothèque. Leurs recherches sur l’ensemble des pratiques traditionnelles se font par l’étude de manuscrits et de documents archivés.

Au Canada français, l’intérêt… Continuer la lecture

Maison Déry, Charlesbourg Photo : Société d’histoire de Charlesbourg

 

À Charlesbourg dans la région de Québec, la maison Déry suscite bien des questionnements. Sa valeur patrimoniale est indéniable. Toutefois, sa localisation en dehors du secteur ancien de la ville rend difficile sa protection et ébranle même les enjeux du patrimoine. Voilà un cas où le plan d’urbanisme peut être néfaste.

La maison Déry

Construite en 1834, la maison Déry est située sur la rue du Vignoble, anciennement rang de la commune, tracée au XVIIe siècle. Vernaculaire, le bâtiment est d’inspiration néoclassique avec les grandes ouvertures, les lucarnes, le carré dégagé du sol, le toit à deux pentes et les longues galeries.

Située dans un ancien milieu rural, la rue du Vignoble abrite quatorze maisons ancestrales des XVIIIe et XIXe siècles sur une distance d’environ un kilomètre. Quoiqu’à l’extérieur du quartier historique de la ville, ce secteur… Continuer la lecture

Mon billet récent sur le patrimoine vivant a suscité quelques commentaires sur la page et en privé. Dans quel contexte cette notion apparait-elle? Comment s’inscrit-elle dans la législation québécoise?

Avant la Convention de l’UNESCO

Le fléché est un  élément désigné du patrimoine immatériel depuis janvier 2016. Photo : Alain Beauchamp

Le fléché est un élément désigné du patrimoine immatériel depuis janvier 2016. Photo : Alain Beauchamp

En 1999, Koïchiro Matsuura devient directeur général de l’UNESCO et met en priorité la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Ce concept, bien connu dans son pays d’origine est inscrit dans la législation japonaise depuis les années 1950. À cette époque, le pays est sous le contrôle des États-Unis et la loi pourrait avoir été adoptée pour résister à l’occidentalisation.

Outre les monuments et les sites, la loi japonaise protège les «biens culturels immatériels» ayant une valeur historique ou artistique tels que le théâtre, la musique ou les arts appliqués, les «biens culturels immatériels populaires» c’est-à-dire les manifestations et pratiques traditionnelles… Continuer la lecture

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